Palais de l’Unité : attention aux voleuses

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Les agents de la sécurité présidentielle vont avoir les femmes à l’œil lors de la traditionnelle réception que donne le couple présidentiel à l’occasion de la fête nationale ce 20 mai 2013.

L’affaire a défrayé la chronique politico-administrative de Yaoundé en 2010. L’hebdomadaire La Météo affirmait péremptoire que Marie Claire Nnana, la directrice du journal de service public Cameroon Tribune avait été prise la main dans le sac par les membres de la Direction de la sécurité présidentielle (DSP). Invitée à prendre le « repas de l’Unité nationale », elle aurait dérobé un pot de fleurs naturelles qu’elle avait enfoui dans son sac. Grâce à des cameras de sécurité, les agents de la DSP l’auraient interpellée pour avoir des explications sur cet acte aussi incroyable que cocasse. Une formalité en réalité puisque la dame Nnana avait été priée de rendre ce qu’elle avait soustrait. Et sa casquette de directrice générale avait fait le reste…

La première dame ne manque pas elle aussi de faire des petits ratés lors de la parade civilo-militaire.

La première dame ne manque pas elle aussi de faire des petits ratés lors de la parade civile et militaire.

Vraie ou fausse, cette anecdote souligne l’une des principales missions que devront remplir les agents de la DSP lors de la soirée de ce 20 mai 2013. Surveiller tout le monde, sans exception. Galanterie oblige, une attention particulière est consacrée à la gent féminine. Avec leurs vêtements amples et leurs sacs à main fourre-tout, il est interdit de perdre les femmes de vue. Malheureusement, c’est une fatalité. A chaque occasion, l’argenterie du Palais de l’Unité est emportée par certains invités visiblement collectionneurs des biens de l’État. Une cuillère en argent que l’on oublie de rendre et que l’on glisse subrepticement dans son sac à main, un paquet de nappes jetables qu’on juge inopportun de laisser, une part de gâteau qu’on verrait bien dans l’assiette des enfants qui sont restés à la maison… Tout est sujet à larcin. Rien d’étonnant quand on sait qu’il y a plus d’un millier de convives dans la salle des banquets et dans les jardins d’Etoudi. Mais le problème est que la plupart des invités sont des personnalités de la République ; des gens-comme-il-faut.

Au-delà du vol, le dîner qu’offre le couple présidentiel au «peuple camerounais» est un excellent poste d’observation des bassesses de la République. Combien sont-ils les directeurs généraux, les hauts gradés, les ministres et autres ambassadeurs plus ou moins itinérants qui se bousculent, se serrent, se regardent, se guettent pour serrer la main du président de la République ou de Chantal Biya ? L’histoire se corse lorsqu’on parle de l’accès au buffet. Tout ceci se passe devant les cameras de la plupart des télévisions camerounaises. On peut alors voir en direct que la politique du ventre dont on parle à propos de certaines personnalités n’est pas qu’une image. Souvent, on a même vu d’anciens ministres utiliser cette soirée mondaine pour faire des demandes politiques osées à Paul Biya. C’est le cas de cet homme d’État qui suppliait, il y a quelques années le président de le réadmettre au gouvernement. Même comme ministre de la condition féminine ! Mais des contemporains, on ne cite pas les noms.

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William Bayiha
Presqu'étudiant, presque curieux, presque reporter, presqu'intellectuel, presque sérieux, presque citoyen du monde... presqu'engagé !

2 réflexions au sujet de « Palais de l’Unité : attention aux voleuses »

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