Cyberjournalisme au Cameroun qui sont les prédateurs ?

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Des sites web, des webzines bâtissent leur notoriété sur le dos de ceux qui croient en l’avenir de la presse en ligne. Dénonciation.

La jungle des médias en ligne au Cameroun

L’univers des sites web d’information au Cameroun est semblable à une jungle. Le copier/coller impose sa loi. (c) webzine-crocblanc.e-monsite.com

Il serait vain de vouloir entourer ce coup de gueule de circonlocutions et d’ombres. Les principaux responsables de la stagnation de la presse en ligne au Cameroun sont connus et paradoxalement, ce sont des sites web d’information. Ils s’appellent camer.be, cameroun-info.net, cameroun24.net, africapresse.com, africatime.com, nkul-beti-camer.com, lemunen.com – encore qu’il s’agit de quelques uns qui ont repris au moins une fois mes articles. Leur faute, recopier du contenu tel quel produit par d’autres sites d’information et par la presse écrite et les mettre en ligne sans s’encombrer des dispositions légales relatives au droit d’auteur ou même de la politesse. Une forfaiture qui leur profite puisqu’ils deviennent de fait des sources importantes d’information pour les internautes. L’intelligence algorithmique des moteurs de recherche assure à ces sites la première place dans son classement. Google, Yahoo et les autres ne s’intéressent pas à la manière avec laquelle l’information a été collectée. Il faut qu’elle soit mise en ligne. Et plus il y a du contenu, mieux c’est.Or en même temps, l’expérience a démontré que les internautes qui utilisent les moteurs de recherche ne s’intéressent qu’aux premières propositions qui leur sont faites. Traduction. Une information qui a été publiée par une rédaction en ligne conventionnelle telle que newsducamer, avec un coût de production conséquent sera davantage cliquée dans camer.be qui n’a fait aucun effort éditorial. Un fait d’autant plus révoltant que ce dernier site s’est comporté comme un rat qui vient piquer des grains d’arachide sur une table et s’en va les stocker dans son terrier.

 » L’article de newsducamer.com se vend davantage sous forme de plagiat que sous sa forme originale « 

L’humeur que vous avez devant les yeux est rédigée aux alentours de 16h25 ce vendredi 18 avril 2014. Considérons cet article publié par François Bambou sur newsducamer.com. Il est en ligne depuis ce même vendredi à 13h08. A 14h44, le même article est déjà repris par les équipes du «site d’information le plus lue du Cameroun» dixit camer.be. 583 personnes ont déjà cliqué dessus, 05 personnes ont indiqué qu’ils aiment ça sur Facebook, 04 personnes l’ont signalé à leurs amis sur Twitter, 01 personne l’a ajouté à Google+ et 04 personnes l’ont partagé sur Share. Eloquent n’est-ce pas ? Regardons les statistiques du côté de newsducamer.com, site dont l’auteur est par ailleurs administrateur. 276 personnes ont déjà lu, 20 personnes aiment sur Facebook, aucune personne n’a déjà partagé le lien sur Twitter et sur les autres réseaux sociaux…

La part des annonceurs
Ces chiffres sont graves parce qu’ils indiquent quelque chose d’important. L’article de François Bambou se vend plus sous forme de plagiat que sous sa forme originale. Comme si la photocopie d’un journal coûtait plus cher que le journal lui-même. Et contrairement aux moteurs de recherche qui ont une logique algorithmique – encore que Google peut réguler quand il y est contraint – les annonceurs ont une compréhension des enjeux bien particulière. Ils sponsorisent les clics quand même ils savent pertinemment qu’ils encouragent ouvertement la piraterie. Mais ils se justifient : il n’y pourraient rien, le bon sens marketing voudrait qu’on aille vers des espaces populaires. Pas de problème. En finançant des rédactions dont les journalistes les plus talentueux sont des scanners bon à faire du copier/coller, messieurs les annonceurs, vous feignez d’ignorer que vous participez à l’avortement du cyberjournalisme au Cameroun.

La 3G est sur le point d’envahir le marché camerounais ; bientôt la plupart des services seront en ligne, la presse avec. Sera-ce une presse qui agrège des contenus qui ne lui appartiennent pas ? Au bout du compte, si tout le monde copiait ? Il n’y aucun métier, aucun secteur, aucune industrie au monde où certains travaillent pour que les autres récoltent les fruits le jour de la moisson. Je doute que les gars de camer.be, cameroun-info.net, cameroun24.net, africapresse.com, africatime.com, nkul-beti-camer.com, lemunen.com puissent avoir le courage de reprendre cet article. Mais ne préjugeons pas  de leur intelligence.

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William Bayiha
Presqu'étudiant, presque curieux, presque reporter, presqu'intellectuel, presque sérieux, presque citoyen du monde... presqu'engagé !

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