Rétrospective : putain ! que cette année était bonne

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Alors que l’année 2013 s’en va, je souhaite (sur invitation d’un célèbre mondoblogueur) revenir sur quelques faits qui m’ont marqué ces douze derniers mois. Désolé, je n’en ai que cinq et ils parlent de moi.

William Bayiha

1-      C’est obligé, je dois commencer par la naissance de ma fille il y a près de trois mois. Désolé pour ceux qui l’apprennent seulement maintenant. Les grandes joies ne sont-elles pas muettes ? Qu’elle est belle Seigneur, qu’elle est belle ! la suite…

Comment j’ai obtenu le numéro d’une Dakaroise

Ucad, Dakar-Sénégal
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  • Au début de mon séjour dans la capitale sénégalaise, j’ai essayé de répondre à cette question. Sur le terrain.

C’est connu, les chemins de l’amour sont comme des labyrinthes. Mais tous les écheveaux ne sont pas inextricables. J’ai rencontré une étudiante de la fac de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop. Elle s’appellera pour nous Karr. En plus, mon objectif était d’avoir son numéro et de décrocher un rendez-vous. Question de faire une observation participante sur les relations garçons-filles à Dakar, Sénégal.

Je me trouvais à l’entrée de la Faculté des sciences juridiques et politiques le 8 avril 2013. L’air sec et froid d’avril à Dakar se réchauffait timidement et les rues du campus noircissaient de la foule d’étudiants pressés d’en finir avec une longue journée de cours. L’air préoccupé par mon téléphone, je guettais la fille avec laquelle j’allais pouvoir entrer dans les secrets de la drague dakaroise. Ce n’est pas parce qu’on veut savoir comment ça marche qu’il faut oublier de choisir. Il y avait de nombreuses filles qui passaient nonchalamment en groupe de deux. Les unes avec un blue jean qui épousait merveilleusement leurs formes de gazelles, d’autres avec ces boubous que le vent gonfle. Malgré cette élégance, toutes ces filles ne me plaisaient pas forcément. Puis je l’ai vue. Karr. Seule et nonchalante.

Ucad, Dakar-Sénégal

La cour principale de la fac de sciences humaines de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Photo : William Bayiha)

En fait, elle m’est apparue d’une manière plutôt brusque avec ses longues tresses noires. Contrairement à la plupart de ses camarades, elle semblait calme, trop calme. Inquiétante. Une fille contraire comme savent l’être les belles filles… . Sa présence m’a d’une certaine façon mis devant le fait accompli. Il fallait draguer.

– « Bonjour, ai-je commencé. Sans lui laisser le temps de répondre, j’ai enchaîné par une phrase toute faite. Écoute, c’est toi que j’attends là. »

– « Ah oui », a-t-elle fait d’une voix douce mais terriblement vivante.

– « Je t’ai vu arriver et je me suis dit “Putain ! quelle belle fille. Il faut que je lui parle. »

– « Merci. »

A Dakar comme ailleurs, toutes les filles aiment les compliments… Lorsqu’ils sont sincères. Même lorsqu’ils ne le sont pas, les filles bien élevées n’hésitent pas à faire semblant d’être flattées. Pour être sûr que le compliment porte, l’astuce infaillible que j’ai trouvée est de présenter le compliment comme n’en étant pas un. Voilà pourquoi j’ai dit à Karr que le “Putain ! quelle belle fille” n’était pas du tout un compliment, c’est une remarque. Et pan ! Voilà la vitre en morceaux. Un sourire, des dents blanches parfaitement alignées, ces yeux qui s’illuminent, le soleil dans le ciel bleu de Dakar.

Rien que de l’humour

Cette première victoire ne signifiait pour moi que le début de la séduction. Il me fallait à tout prix son numéro de téléphone. Rien de mieux pour y arriver que l’humour de série B.

– « En venant vers toi j’ai été un peu intimidé, ai-je commencé. Pendant un instant, je me suis demandé si tu n’allais pas me battre. (Sourire) Mais en 2013, la police est toujours là pour les plus faibles. Alors que je pensais déjà être au top du courage pour affronter ta beauté, une autre idée noire est venue me hanter. Elle est sans doute fatiguée après une journée de classe. Elle n’aura donc pas de temps à m’accorder. Alors je me suis dis. Mais en 2013, nous avons des téléphones portables. Je pourrais donc t’appeler plus tard pour prendre rendez-vous. »

Entre deux rires, elle m’a fait comprendre qu’elle n’a pas/plus de téléphone portable. Comment ça ? Son portable est tombé dans l’eau pendant qu’elle faisait la lessive.

– Mais on pourrait se voir demain au campus », m’a-t-elle proposé.

Il y avait un problème. Je ne voulais pas être victime de mon succès. Je lui ai plutôt proposé de reconduire son ancien numéro. Par contre, je lui ai demandé si c’était possible de l’inviter dans un snack de la ville pour qu’on discute en toute tranquillité.

– « Non !, s’est-elle écriée. Je ne sors pas après les cours. »

– « Pourquoi pas ? »

– « Bah, j’ai plein de choses à faire. »

Une phrase très répandue parmi les jeunes dakaroises. Les jeunes filles ici on toujours quelque chose à faire. La cuisine, le ménage, des tresses, etc. Dans tous les cas, elles ne sortent pas n’importe comment. Officiellement.

– « Tu me plais vraiment et je souhaite te revoir. » Un silence et un sourire bien placés pour adoucir les mœurs. « Si ça ne te dérange pas bien sûr », ai-je ajouté.

Elle ne trouvait aucun inconvénient à cela, j’ai eu le numéro. Et j’ai promis de rappeler. Je sais que je ne le ferais pas. Mais j’ai réussi ma mission. Avec un pincement au cœur quand même.