Visiter Gorée et tenter de vivre après…

Article : Visiter Gorée et tenter de vivre après…
18 avril 2013

Visiter Gorée et tenter de vivre après…

  • Mon séjour Dakar m’a plus bouleversé qu’autre chose.

Je savais qu’en revenant du Sénégal, je ne serais plus un gars normal. Gorée. Je n’aurais pas dû y aller. Ses ruelles étroites m’étouffaient. Ces bâtisses d’un autre âge qui toisent l’Océan ont suscité en moi des sentiments de remords intenses. J’aurai pu me retrouver là si j’étais né il y a trois siècles ! vous rendez-vous compte ? J’aurais pu me retrouvé parmi les enfants ou les jeunes hommes qu’on forçait à s’accroupir dans les cachots des différentes maisons d’arrêt qui existaient dans la ville négrière. Voilà pourquoi surplace, je n’ai rien découvert. Rien dis-je. Même les lance-pierres et les chaînes rouillées exhibés d’une manière ostentatoire et maladroite. Même la mer que je traversais pour la première fois ne m’a pas impressionné. J’ai souvent pensé à la traversée tragique et difficile. J’ai trop souvent perçu les cris, les pleurs, les malheurs et les révoltes sanglantes dans les cales des navires. La nostalgie des endroits où je n’ai jamais été m’a repris à Gorée.

Gorée, île aux esclaves
Ce couloir représente le cordon à sens unique qui reliait l’Amérique à l’Afrique (c) Delphine Wilputte

Avez-vous vu cette procession d’esclaves ? Et ces lavandières qui s’étaient habituées au spectacle de la traite. Les avez-vous entendues chanter au bord de l’Océan ? Je revois les navires, les coques en bois et les canons arriver au large. Ça y est doivent partir. La fraîcheur de la nuit. Oui, les nuits devaient être fraîches pour toutes ces personnes qui n’avaient qu’un simple cache-sexe pour tout vêtement. J’ai été à Gorée et j’ai senti la morsure du froid sur cette île aux esclaves. J’ai aussi ressentis la condescendance du regard. Je me suis senti nu. Peut-on crier dans cette ville où les touristes curieux de tout sont prêts à tout emprisonner dans leurs appareils photos ? Peut-on pleurer, se plaindre, accuser ? Peut-on s’arrêter un moment et prier les ancêtres morts qui ne sont pas morts ? Je ne pouvais rien écrire, rien pleurer au Sénégal. Trop de voyeurs.

J’ai eu envie de pleurer à Gorée. Mais un homme ne pleure pas en public. Il n’y a pas ici de murs de lamentations. Il faut se taire, visiter au pas de course la cellule des enfants et le cachot des récalcitrants qui pensaient qu’ils étaient des hommes. On vend des bijoux, de fleurs, des masques et des sourires. Voilà Gorée, lieu de mon pèlerinage. Je n’ai jamais pu pleurer à Gorée et ça me rend si triste. Oh que je suis triste loin de Gorée. Gorée sanctuaire de mon passé qui semble-t-il n’est pas encore totalement passé.

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Commentaires

Mylène
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William, pourquoi un homme ne pleurerait pas en public ? Pourquoi ? Hormis cela, j'ai apprécié ton texte très poétique. Je me suis sentie bizarre sur l'île aussi, triste de cette histoire, mais me sentant en même temps si éloignée de tout cela, sûrement à cause du caractère trop "touristique" de Gorée, de ce lieu de mémoire. Je n'étais pas indifférente, mais je n'avais pas envie de pleurer non plus. Etrange sentiment.

sinathlafricaine
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étrange sentiment. je pense qu'on était tous partagé entre amertume et envie de garder la tête haute après ces épisodes tragiques!

William Bayiha
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Je le crois aussi. Pour ma part ma visite a Goree a été catastrophique
Sur le plan de l'estime de soi.

William Bayiha
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Mylène on naît avec cette éducation. Un homme retient ses larmes. Et la douleur est encore plus atroce. Merci pour tes mots hyper gentils et pour l'intérêt. #Cameroun Connexion...

Binti
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Mon cher William Bayiha:

En fait, NUL besoin de pleurer à Gorée. L'histoire de la maison des esclaves est inventée de toute pièce:

-------- Voici le lien:
https://www.senegalaisement.com/forum/read.php?f=12&i=6791&t=6791
--------

Source: Wikipédia, mais on peut trouver mieux:

Si la légende et les chiffres colportés par Joseph Ndiaye sont en contradiction formelle avec les données établies par les historiens de la traite atlantique, il a fallu attendre l'article d'un journaliste du Monde, Emmanuel de Roux, en date du 27 décembre 1996, intitulé « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité », pour que la supercherie soit dévoilée à un plus large public. Emmanuel de Roux s'est notamment appuyé sur les travaux de deux chercheurs et conservateurs de l'IFAN (Institut fondamental d'Afrique noire), Abdoulaye Camara et le père jésuite Joseph Roger de Benoist. Gorée, expliquent-ils n'a jamais eu l'importance que lui prête le seul Joseph Ndyaie dans la traite négrière. Il ne s'agit, poursuit l'article, que d'un mythe savamment entretenu : les esclaves embarqués à Gorée n'ont été que quelques milliers au lieu des millions annoncés — environ 500 par an.
Le monument dédié à l'esclavage

Gorée se vit tout à coup privée dans l'imaginaire public de la place centrale qu'elle occupait dans le commerce triangulaire et l'affaire suscita une grande émotion dans l'île. Une polémique s'ensuivit, impliquant divers autres experts, tels Philip Curtin, spécialiste américain des dénombrements de la traite atlantique, ou encore les historiens sénégalais Abdoulaye Bathily et M'Baye Guèye. On apprit également dans la foulée que la maison rose n'avait peut-être pas été construite par les Hollandais comme on l'avait cru, mais par les Français, et non en 1777 ainsi qu'on l'a souvent écrit, mais plutôt en 1783. Le propriétaire en aurait été Nicolas Pépin, frère de la signare Anne Pépin, elle-même maîtresse du Chevalier de Boufflers. Dans les appartements et les bureaux de l'étage, les habitants de cette demeure bourgeoise se seraient surtout préoccupés du négoce de la gomme arabique, de l'ivoire et de l'or, faisant peu de cas des esclaves employés au rez-de-chaussée. Par ailleurs, la célèbre porte donnant sur l'océan n'aurait pu être utilisée pour l'embarquement, la côte rocheuse ne permettant pas l'accostage de navires. Et pour couronner le tout, la maison d'origine aurait probablement été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, puis reconstruite à l'identique.

L'accusation de révisionnisme a été rapidement brandie bien qu'en l'espèce la communauté des historiens rejette majoritairement les affirmations de Joseph Ndiaye. La controverse publique a enflé suscitant l'organisation d'un colloque tenu en Sorbonne en 1997 sur le thème « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités », afin d'apaiser les esprits. Le colloque a notamment permis de préciser les conditions dans lesquelles, à partir du roman d'un médecin-chef de la marine française, Paul-André Cariou, en poste dans l'île en 1940, a pu se forger le mythe de Gorée. Depuis la polémique rebondit parfois dans l'opinion non spécialisée comme en témoignent quelques échanges assez vifs sur les forums en ligne[9]. Par ailleurs nombre de guides touristiques parmi les plus populaires continuent de « jouer la carte de l'émotion » en reprenant le récit de Joseph Ndiaye.
Un lieu de mémoire et une destination touristique [modifier]

Chaque jour, à l'exception du lundi, les touristes se pressent à l'entrée. Leur nombre est estimé à 500 par jour[10], ce qui est considérable si l'on sait par ailleurs que le plus grand parc national du Sénégal, le Niokolo-Koba, n'en reçoit que 3 000 par an environ.

De nombreuses personnalités ont ainsi fait le voyage, tels le président du Sénégal Abdoulaye Wade, son prédécesseur Abdou Diouf, les présidents Bongo, Houphouët-Boigny, Lula, François Mitterrand, Jimmy Carter, Bill Clinton et George Bush[11], l'empereur Bokassa Ier, l'impératrice Farah Diba et sa mère, le roi Baudouin et la reine Fabiola, Michel Rocard, Jean Lecanuet, Lionel Jospin, Régis Debray, Roger Garaudy, Harlem Désir, Bettino Craxi, Nelson Mandela, Jesse Jackson, Hillary Clinton et sa fille, Breyten Breytenbach, les chanteurs James Brown et Jimmy Cliff ou encore le pape Jean-Paul II qui vint en 1992 y demander le pardon du Ciel « pour ce péché de l'homme contre l'homme, ce péché de l'homme contre Dieu »[12].

La Maison des Esclaves a notamment inspiré un film, Little Senegal de Rachid Bouchareb, des romans, des livres pour enfants et même une bande dessinée.

Sans doute Léopold Senghor avait-il pressenti un tel engouement lorsque, dès 1967, il remercia le conservateur Joseph Ndiaye pour son éloquence et sa « contribution efficace au développement culturel et touristique du Sénégal »[13].

Au-delà des querelles de chiffres — l'horreur n'est pas uniquement corrélée aux statistiques — et des enjeux touristiques, chacun s'accorde à reconnaître la valeur symbolique de la Maison des Esclaves, lieu privilégié de mémoire et de méditation sur la folie des hommes.
Posté depuis www.senegalaisement.com

William Bayiha
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Merci pour cet article. Et pour ta contribution. Cela me permettra désormais de nuancer mon propos à propos de Gorée et plus largement de l'esclavage. Merci.

Binti
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De rien, mon cher William Bayiha.

Ce ne sont pas là des fait peu connus et pour ma part, je souhaite que cela reste peu connus, et ce pour la préservation de ce petit paradis suspendu dans le temps.

Quand on voit le désastre de constructions sauvages et de manque d'entretien qui règne ailleurs à Dakar, on ne peut que se féliciter que Gorée reste Gorée. Un refuge pour respirer l'air pur, flâner dans les rues où règne encore l'ombre des signares, et où on peut jouir des grands arbres centernaires (qui sont massacrés sans états d'âme partout ailleurs)....Gorée est le seul petit point du Cap Vert que l'on puisse encore appeler Cap Vert. Profitons donc du ciel si bleu, du soleil, et de la mer, qui murmure au crépuscule. C'est magique, Gorée. Je rêve d'y vivre y jour. Un jour. Quand je le pourrai.
https://www.youtube.com/watch?v=OH5dP31yQVQ

Rijaniaina
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Tu es un sentimental presqu'engagé également!

William Bayiha
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Ohoh ohoh je suis un sentimental... ohoh ohoh je suis un sentimental. Merci...

Lafricain
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Pourquoi pleurer seul alors que tu aurais pu faire le deuil de tes aïeux en ton temps et à ta manière, sur cet endroit qui fut la dernière partie de la terre de leurs ancêtres à les voir avant qu'ils ne soient déportés comme de simples objets loin, au-delà de l'Océan Atlantique, pour bâtir une nation qui, plus de trois siècles plus tard, vient détruire leurs vrais pays?

William Bayiha
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Tu sais le plus dur dans le deuil c'est de savoir que sa souffrance ne sera comprise par personne. Merci pour l'interet.Etc

Bako
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Belle plume William! tu m'as transporté à Gorée trois siècles plutot et j'ai failli pleurer. Mais je suis malheureusement un homme

William Bayiha
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Merci Bako. ça fait plaisir de sentir qu'on fait vibrer d'autres personnes au même diapason que soi. Les sentiments sont si souvent personnels qu'on les croit exclusifs. Merci pour l'intérêt et tes commentaires gentils.

Bako
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C'est que tu les mérites vraiment William!
bon ne te vantes pas trop après comme tous les bassa! (rire)

William Bayiha
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Ok, je vais essayer.

William Bayiha
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Merci. Je suis flatté...

Nora
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Bel écrit! Belle pensée, William!
Belle analyse et belle intervention de chacun.

William et Bako, juste je trouve que dire que les hommes ne doivent pas pleurer parce qu'ils sont hommes ne tient pas la route.

Je suis d'avis que notre société forge cette mentalité où on interdit même à un tout petit de 5ans de ne pas exprimer ses ressentis en pleurant, en lui lançant, comme partout d'ailleurs, cette phrase "un homme ne pleure pas".

Pour la sociologue et la spécialiste en science de l'éducation que je suis, je crois qu'il serait de bon ton, que nous arrivions à dépasser ses stéréotypes qui en réalité impactent négativement l'équilibre moral de nos jeunes frères, amis, maris, papa etc.

Interdire à un homme de pleurer, c'est lui faire du mal. Si tu as envie de pleurer, pleure. Si vous avez envie de pleurer les amis, pleurez!!! Ce n'est pas une question de sexe fort ou sexe faible mais c'est plus une question de santé psychologique.

Trop longtemps, on a interdit aux HOMMES d'extérioriser le mal qu'ils ont en eux; de dire leurs tristesses et désarrois, oubliant qu'on compresse en réalité leurs différents sentiments.

Vous savez, quand, vous vous forcer de ne pas évacuer vos ressentis, vos sentiments, vos peurs, vos peines, vos pleurs pour ne citer que ceux là, vous risquez grave.

Plus vous cachez vos émotions, plus votre corps peine à supporter toutes ces charges, plus c'est évident pour vous de faire une crise qui peut vous êtes fatale.

Vous avez des gens qui du jour au lendemain deviennent fous ou craquent sur des situations qui pour le commun des mortels n'étaient pas trop graves; juste parce qu'ils n'en pouvaient plus. Ils ont tellement trop emprisonné des émotions, qu'une simple goûte de trop les explose lamentablement.

Je suis d'accord qu'on ne vas pas se mettre à pleurer à chaude larmes, en écoutant les histoires de Gorée, même si notre douleur fut grande! Mais ne dites pas que vous ne devez pas pleurer parce que vous êtes HOMMES.

Je ne suis pas féministe, je vous rassure, mais je suis contre les stéréotypes sexistes.

Ne commettez pas les mêmes erreurs que nos parents. N'éduquez pas vos enfants sur ces fausses bases qui leur créent après des problèmes dans leur devenir et avenir.

Trop longtemps des hommes ont pensés montrés qu'ils sont les sexes forts, ils se sont vu obligé de dire que tout va bien même si ça ne vas pas. Ehhhh pardon!!! Arrêtez de vous faire mal. Si ce n'est pas la boisson qui devient le refuge de certains; c'est l'indifférence apparente qui devient le refuge d'autres.

On fait semblant que tout va bien mais au fond rien ne va!!! Laissez vous emporter par moment par vos émotions; il n y a rien de mal! Même Jésus à pleurer lors de ses moments difficiles!!

Vous êtes de la génération COGITANTE, n'oubliez pas!!!

William Bayiha
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Nora...c'est un article que tu publies en commentaire. Et quel article ! Une belle leçon d'humanisme. Quand je dis qu'un homme ne pleure pas, c'est en fait une prétérition (Je pleure en fait alors que je dis qu'un homme ne pleure pas). Les hommes doivent pleurer. "Si vous avez envie de pleurer les amis, pleurez!!!" Je pleure Nora, je pleure dans ce texte. Et mes larmes sont chaudes. en terminant de saisir les lignes de mon article j'ai observé un long moment de silence. Le souvenir est poignant. Je te remercie pour ton intérêt.

serge
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Un homme pleure aussi... je regrete parfois que des lieux comme goree se transforment en pôle touristique, du cou
p ça prend un coté spectacle pour touristes
Beau texte encore, tu fais fort

William Bayiha
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Merci Serge. Je pense que tu as saisi le sens de mon texte. Gorée ne doit pas être aussi touristique si on veut qu'il soit un lieu de mémoire. Mais bon... il faut se contenter de ce qu'on a déjà.

Serge
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et oui mon ami...

William Bayiha
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Sur son cas, je crois que c'est la véritable attraction de Gorée. Mais je ne sais pas si il joue le bon rôle en racontant cette histoire ainsi. Je ne sais pas comment elle devrait se raconter. Mais c'est un poil soulant, un poil. Hemingway, des influences sans doute mais le grand hemingway ? J'en suis encore loin.

nicolasdagenais
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Ton texte c'est un Boys don't cry version 2013: «I try to laugh about it / Cover it all up with lies / I try and laugh about it / Hiding the tears in my eyes / Because boys don't cry » C'est dûr d'avouer, mais j'ai versé une larme à Gorée moi, pendant le discours du bonhomme. Grâce aux lunettes que Serge m'avait prêtées, ça a été ni vu ni connu.

William Bayiha
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C'est vrai que c'est dur de penser à tout ça surplace. C'est vrai que c'est éprouvant.

Serge
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oulala sérieux? tu as joué à Hemingway pendant tout le séjour et on a rien vu...
mais le discours du bonhomme lá, il m'a soulé grave...

t♣
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Texte très touchant ... J'ai visité la maison des esclaves deux fois du temps du conservateur Ndiaye, il savait raconter celui là! tu n'allais certainement pas pouvoir retenir tes larmes.

William Bayiha
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Merci Hélène.

Limoune
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Les 5 étapes du deuil.
Choc. "[...] ont suscité en moi des sentiments de remords intenses. Déni. "Voilà pourquoi surplace, je n’ai rien découvert". Colère et Négociation. "Gorée. Je n’aurais pas dû y aller." Dépression. "J’ai eu envie de pleurer à Gorée. Mais un homme ne pleure pas en public." Acceptation et Reconstruction."Je savais qu’en revenant du Sénégal, je ne serais plus un gars normal."

William Bayiha
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Wouah ! Une analyse de texte. Hey Sarah, je n'avais pas pensé à ça. Mais tu as parfaitement raison. C'est exactement ce que j'ai ressenti. Merci.

Osman
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Je rejoins Nora dans son long commentaire (petit billet en quelque sorte), car interdire à quelqu’un de pleurer, c’est l’interdire tout bonnement d’exister, car pleurer dans un certain sens est synonyme d’Etre, d’Exister. Donc, j’ai compris que, tu n’as pas pleuré ou tu n’avais pas envie de le faire, par peur de ne pas décevoir à cette petite société qui t’a accompagné sur les lieux ? Apres ca, superbe réflexion, frangin. Un texte fort, puissant, digne d’un Engagé comme William. J’ai eu le corps frissonnant en lisant ton récit bien charpenté, plein d’émotions, de sentiments et de frustrations.

William Bayiha
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Rien à dire Osman. Merci.

Aphtal CISSE
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WOW!
Mais oui je suis d'accord avec toi! On n'a pas honte de nos larmes, mais un homme se cache pour pleurer! Jamais en public
J'ai dit

Limoune
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Ne jamais dire jamais

Tilou
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Très profond.

William Bayiha
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Merci vraiment.

françoise MICHEL
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bonjour,
c'est un très beau texte qui permet de laisser s'échapper l'émotion, écrire c'est se délivrer, se départir d'un fardeau et le faire partager.
Il semble plus facile de faire couler l'encre que les larmes pour un homme, il
s'agit d'une question d'éducation et pourtant il y a de quoi avoir de la colère, demander réparation.
Se pencher sur le passé est souvent un moment difficile surtout lorsque celui-ci
a été si tragique...tu y as fait face et je trouve cela merveilleux car on ne peut pas
revenir en arrière mais simplement construire ensemble un meilleur avenir
Françoise

William Bayiha
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Merci Françoise pour tes compliments.

nathyk
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Mon cher William, tu as écris ce très beau texte au nom de nous tous ! Raconter ces émotions n'était si pas facile, étant donné l'allure sportive et le caractère touristique de l'expédition. Gorée serait un lieu de pélérinage avant tout, où nous pourrions discrètement nous recueillir sur les traces des pas et des larmes de ceux qui nous ont précédé. Pleure en paix mon frère, pleure en silence, pleure pour ceux qui étaient tellement déshydratés qu'ils avaient séché leurs larmes avant même de les avoir versées. Pleure pour ceux qui n'ont pas eu le courage de pleurer. Merci encore de nous avoir partagé ces émotions-là.

Ouedraogo Boukari
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Quand je suis arrivé à Gorée, je me suis plutôt dit, j’aurai pu être américain.

nathyk
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hahahahahaha à quel prix mon frère ? 50% de chance d'être jeté dans la mer ou de mourir de froid dans les cellules là !

williambayiha
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lol