William Bayiha

Le silence est impossible à Yaoundé

  • Pendant ces fêtes de fin d’année, j’ai eu du mal à trouver un point silencieux dans la capitale camerounaise.

Le boucan a commencé dans mon quartier depuis au moins le 23 décembre 2012. Mon voisin, un DJ en herbe s’est donné tout le mal du monde pour nous servir les mixages des tubes ivoiriens et des anciens slows camerounais. Son manège commençait généralement vers 15 heures et se terminait autour de 23 heures. Exception notable quand même. Le 24 et le 31 décembre, le «Boy» nous a fait une fleur. Il a branché ses baffles et monté le volume de son mixeur dès les premières heures de la journée. L e jour de Noël et le 01er janvier, le même manège s’est poursuivi. Le vacarme que crachent ses haut-parleurs mal accordés ne me dirait rien si je ne devais pas supporter cette terrible migraine qui me prend tous les 18 heures quand je dois regagner mes pénates.  Tout son chahut ne me dirait rien disais-je car en fait, le bruit est omniprésent à Yaoundé pendant la période des fêtes.

Il paraît qu'ils y a de bons bruits, hum !
Il paraît qu’ils y a de bons bruits, hum !

Dans les carrefours comme celui de Mvan à l’entrée sud de la ville, il y a un monde fou durant la semaine qui sépare les deux fêtes. Les bars, les alimentations et les boulangeries ne désemplissent pas. Et c’est pareil dans tous les quartiers. On ne s’entend pas parler. Même dans les taxis, si ce n’est pas une auto-radio qui vous importune, c’est carrément une passagère qui se met à chanter un cantique religieux à haute voix. Arrrh mais fermez-la un instant les amis, on sature !

Comme vous pouvez vous en rendre compte, les fêtes de fin d’année ne sont qu’un excellent prétexte pour parler de la nature bruyante de la capitale camerounaise. Les Camerounais semblent avoir peur du silence. C’est comme si l’absence de bruit les effrayait. Chez les jeunes la course est à celui qui ferait le plus de bruit autour de lui. Dernièrement, ma mère qui vit dans un village dans la région du Littoral m’a raconté que là-bas aussi la situation est la même. Donc même en campagne  la quiétude a foutu le camp.


Le football camerounais exaspère Paul Biya

  • Le président de la République a exprimé son mécontentement au ministre des Sports et de l’Éducation physique (minsep) le 23 décembre 2012. Une critique motivée.

S’il est un domaine sur lequel Paul Biya ne brille pas, c’est bien celui des petites phrases. Pourtant à  la fin de la cérémonie de remise de trophée de la Coupe du Cameroun de football, le président Biya qui s’apprête à s’engouffrer dans sa berline y est allé sans détour. La scène se passe alors qu’il adresse ses félicitations au ministre Adoum Garoua. Une coutume. Le problème est qu’en saluant les efforts qui ont été faits pour le développement du mouvement sportif national en général, Paul Biya stigmatise le « sport-roi » d’une manière fort peu diplomatique. « Beaucoup reste à faire dans le domaine du football » a en substance dit le président à son collaborateur sur le ton du reproche.   Devant les cameras de télévision et un parterre d’officiels non seulement du minsep et de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), la petite phrase présidentielle n’a pas loupé sa cible.

Le minsep se fait remonter les bretelles par la presse depuis fort longtemps.
Le minsep se fait remonter les bretelles par la presse depuis fort longtemps.

Mais au-delà de l’inconfort où ont dû se trouver certaines des responsables du football national, les raisons qui ont poussées le locataire d’Etoudi de sortir de sa réserve se concentrent autour d’un constat : le Cameroun du football n’a rien gagné pendant l’année passée. La première est la chute de la qualité du jeu sur la pelouse. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le taux de remplissage des gradins du stade Amadou Ahidjo le jour de finale de coupe du Cameroun et qui pis est en présence du chef de l’Etat. Les tribunes étaient vides. C’était déjà le cas en 2011, cette année-là même les passants étaient réquisitionnés pour remplir le stade. En 2010, c’est le premier ministre qui a présidé la cérémonie en lieu et place de Paul Biya. Moins important que l’engouement du public pour ce que le président qualifiait il y a quelques années de «notre sport-roi», il y a les crises multiples dans l’ensemble des institutions footballistiques nationales. Ce jusque dans l’équipe nationale.

Les grandes déceptions

Dénis Lavagne l'un des responsables de la chute du football camerounais en 2012
Dénis Lavagne l’un des responsables de la chute du football camerounais en 2012

La Fecafoot a donné le spectacle le plus prolifique en matière de conflit entre le dernier trimestre 2011 et l’ensemble de l’année 2012, si on s’en tient à l’actualité la plus récente. D’abord il y a eu la grève des primes des joueurs de l’équipe nationale senior en marge de la LG Cup au Maroc en novembre 2011 justement. Gérée à sa manière par la fédération, cette crise s’est prolongée en une suspension pour Samuel Eto’o et en sanctions pécuniaires pour deux de ses co-équipiers.  Déjà, Paul Biya est dit-on intervenu pour essayer de calmer le jeu entre la star d’Anzhi et les responsables de la Fecafoot et du Minsep. Entre temps, comme toujours, il y a eu des problèmes avec l’entraîneur français Denis Lavagne et l’arrivée d’Akono en catastrophe pour sauver les meubles. Malheureusement, le Cameroun a été privé pour la deuxième fois de suite d’une participation à la Coupe d’Afrique des Nations (Can). Sur un autre plan, la participation des Lionnes aux Jeux olympiques de Londres a été nulle. Zéro point en trois matches ! Même lors de la récente Coupe d’Afrique militaire à Abidjan, le Cameroun n’a pas pu faire mieux qu’une deuxième place.

Jean Paul Akono n'a pas pu sauver une année catastrophique.
Jean Paul Akono n’a pas pu sauver une année catastrophique.

Au niveau de la ligue professionnelle de football, il n’y a pas non plus de quoi faire sauter de joie le président de la République. Pour des raisons financières et d’égo, le championnat s’est brusquement interrompu pendant une longue période pour ne reprendre qu’en juillet dernier. Même dans l’intimité des clubs d’élite, l’actualité la plus récurrente a été les querelles de leadership et les questions de primes impayées aux joueurs. Ceci est vrai autant pour le Canon, le Tonnerre, l’Union de Douala, etc.

On comprend dès lors pourquoi cinq mois sont passés entre la qualification des équipes et la décision d’organiser cette finale de la Coupe du Cameroun de football pendant les derniers jours de l’année. De toute évidence, Paul Biya a repoussé le plus possible l’occasion de subir le spectacle du football camerounais. En faisant abstraction des autres sports qui se trouvent dans une situation tout aussi précaire que le football, la réaction de Paul Biya ne relève pas seulement de l’humour noir. Il semble que désormais, les problèmes du football camerounais sont définitivement classés dans le parafeur des grandes réalisations de la République.

 


Je commence déjà à me sentir vieux

  • Il y a des signes qui ne trompent pas lorsque l’adolescence cède le pas à l’âge adulte.

1-      Mon père écoute de plus en plus ce que je lui dis avec une grande attention. Lorsque j’étais

Un sourire qui me manque
Avoir un enfant c’est déjà pas mal

petit, on nous disait souvent « Quand les grandes personnes parlent, les enfants ne parlent pas ». Aujourd’hui, comme il me lit chaque jour dans la presse, il lui arrive souvent de dire dans une conversation que ce qu’il affirme est vrai parce que c’est moi qui l’ait dans le journal.

2-      Je me sens de plus en plus vieux aussi parce qu’il y a quelques temps, je me battais avec la dernière énergie pour avoir une fille. Mais depuis quelques temps, je fais les mêmes efforts pour rester avec une seule fille. En plus, je n’ai plus l’acné comme avant. C’est fou de grandir.

3-      Je déteste désormais les bruits que font les enfants alors que moi-même j’ai été un enfant bien turbulent. J’ai des réflexions du genre « Allez faire votre bruit ailleurs ! » J’en ai honte mais c’est que désormais je suis vieux.

4-      Je ne trouve plus de problème à avoir un enfant. Dieu sait que j’ai toujours considérer que c’était le dernier rempart vers la prison et l’angoisse. Aujourd’hui je me sens parfaitement près. Bon, je n’ai pas encore les moyens de ma politique toutefois cette nouvelle constante me fait comprendre plus que tout que je ne suis plus un adolescent.

 


Ce que je regrette avant la fin du monde…

…si elle a vraiment lieu le 21 décembre 2012

Explosion par kevin dooley via Flickr, CC

Il y a trois choses que  je vais éternellement regretter si le monde venait à s’arrêter le 21 décembre 2012, comme nous l’a promis une tribu maya.

1-      N’avoir connu qu’un seul président de la République.

En tant que Camerounais né à la fin des années 1980, je n’ai connu que Paul Biya comme président de la République, à tel point que pour moi, son nom est synonyme de la fonction qu’il incarne. Donc pour dire François Hollande par exemple, je peux valablement dire le « Paul Biya de la France ». Avant la fin du monde, j’aurais voulu être rassuré sur le fait qu’à part lui, il y avait d’autres Camerounais intelligents. Mais hélas après 30 ans de pouvoir, c’est peine perdue d’avance.

2-      Avoir manqué de me marier avec Beyoncé

Bon ! C’est vrai que c’était perdu d’avance. Car depuis qu’elle a fait un enfant avec le rappeur Jay Z, les choses se sont un peu compliquées pour moi. Mais j’aurais quand même vraiment aimé. La fin du monde est dans moins de deux semaines et ce rêve là va s’envoler comme tout le reste.

3-      N’avoir jamais salué Nelson Mandela, ne serait-ce qu’une seule fois

Mais en l’occurrence, je pense que d’ici la fin du monde, il peut nous abandonner à un moment ou à un autre. Cet homme a quand même passé 27 années de sa vie en prison. Moi depuis que je vis, je n’ai pas encore passé autant de temps sur terre. Lui en a passé 27 ! Pour ça j’ai beaucoup de respect pour lui. Voilà pourquoi j’aurais tant de regrets.

Ceci dit, il faut reconnaître que les Mayas n’avaient pas un grand sens de la prédiction. En réalité leur monde s’est effondré bien avant 2012 et leurs coutumes ancestrales au dieu Soleil et compagnie, ce n’est pas pour nous rassurer.

Au cas où la fin du monde n’est pas pour le 21 décembre,  j’espère qu’au moins un de ces regrets va se réaliser pendant que j’aurais encore les deux pieds sur terre. Mon petit doigt me dit que vous savez lequel !


Les députés camerounais font l’école buissonnière

Vue de la cabine de presse
Cinq minutes avant le début du discours du premier ministre, les sièges étaient encore vides.

 

 

 

 

  • Un tiers d’entre eux était absent de lors du passage du premier ministre le 26 novembre 2012.

Les bancs de l’hémicycle de l’Assemblée nationale du Cameroun étaient clairsemés lors de la présentation des grandes lignes du projet de budget 2013 par le chef du gouvernement lundi 26 novembre. Vous savez, au début de chaque séance le président de l’Auguste chambre constate l’absence de certains de ses collègues pour juger si oui ou non le Quorum est atteint. Lundi, ce Quorum était atteint puisqu’un peu plus de deux tiers des 180 députés étaient présents. Dans le détail, cela fait 52 députés absents contre 128 présents. Cela ne semble étonner personne. Pourtant Philémon Yang, le premier ministre n’a pas passé deux heures debout juste pour rire.  Mais pour les députés absents, cela ne signifie rien. Peut-être parce qu’ils savent que dans tous les cas, tous présents ou pas, les propositions du gouvernement vont passer comme une lettre à la poste.


L’école gratuite est payante au Cameroun

écriture écolier
Cet écolier viole la loi en payant sa scolarité à l’école primaire. Mais il n’a pas le choix.
  • Un petit témoignage pour s’en convaincre.

« L’école n’a jamais été été gratuite, on continue de payer. Il faut payer le maître pour que l’enfant bénéficie d’un suivi scolaire, sinon on le met loin derrière au fond de la classe (NDLR les classes peuvent dépasser les 100 élèves surtout en ville !). Les frais d’adhésion que demande l’Association des parents d’élèves (APE) sont de 5 000 F. Je pense que le ministre doit avoir sa quote-part dans tout cela, puisque cette situation est connue de tous, mais la hiérarchie ne réagit pas. Si l’enfant ne paie pas les frais d’APE, il ne sera pas inscrit, donc les frais d’APE ont remplacé les frais d’inscription. J’ai eu à payer un banc pour un enfant à l’école publique du Camp SIC Longkak, et ce après avoir payé les frais d’APE, parce que l’enfant s’asseyait parterre, ce banc a été utilisé par d’autres élèves.

Mieux vaut payer l’inscription et avoir la paix après, plutôt que de contribuer tout le temps pour le matériel pendant toute l’année… Je me trouve parfois à faire des dépenses annuelles pouvant atteindre jusqu’à 30 000 F de frais intermédiaires. »

Ce témoignage d’un parent d’élève a été recueilli par Transparency International Cameroon.


L’arnaque à la camerounaise

  • Cette histoire s’est passée en novembre 2011

    Affiche millionnaire
    « Difficile de gagner un franc sans avoir travaillé » Une maxime qui m’a sauvé.

Il était à peu près 10 heures et je ne sais pas pourquoi je déambulais à cette heure là dans la rue déserte de mon quartier de Mimboman, Yaoundé. Je traînais sur le trottoir quand un jeune homme visiblement mon aîné de quelques années vint m’accoster. Je fus un peu effrayé puisqu’il avait cet air bizarre qu’on souvent les personnes qu’on rencontre pour la première fois. Un pantalon jean élimé et sans mesure, une vielle chemise légèrement froissée, des cheveux courts mais ébouriffés et puis aux pieds des écrase-merdes qui avaient dû être marron dans leur jeunesse. En un mot c’était un homme à côté de la plaque qui me salua timidement ce matin-là.Et je fus effrayé disais-je.

Le montage

Je l’écoutai quand même. Il voulait savoir où se trouvait le siège du PMUC, une société de pari. Le siège lui demandai-je ? Je crus un moment qu’il n’avait plus toute sa tête le pauvre. D’abord parce que le siège du PMUC en réalité ne se trouve pas à Yaoundé mais à Douala et la représentation régionale qui se trouve à Yaoundé se trouve littéralement à l’opposé du chemin qu’il suivait avant de me rencontrer. Bon, en toute bonne foi je décidai de lui expliquer comment il pouvait se rendre à la représentation régionale. Je lui demandai s’il avait un peu d’argent pour le taxi, il me dit oui. Très bien fis-je, il faut prendre un taxi et lui demander de te laisser au siège du PMUC au quartier Hippodrome.  Il me demanda si nous en pouvions pas y aller en moto-taxi plutôt.

Nous ? Je lui dis non dare-dare. Ce monsieur m’inquiétait. Pendant que je m’apprêtais à prendre congé de lui, un jeune homme en moto vint nous proposer ses services. En fait je ne me rappelle pas exactement si le moto-taximan s’était arrêté de son propre chef ou si c’était mon interlocuteur qui l’avait hélé. Il proposa au transporteur de l’emmener en ville au siège du PMUC. Avec une naïveté déconcertante, mon interlocuteur de tout à l’heure lui raconta ce qu’il allait faire au siège régional de cette société de pari. Il avait remporté une cagnotte de 4 millions de F. CFA et y allait pour la retirer.

Consterné par un si grand manque de subtilité, je revins vers lui et le suppliai d’emprunter le taxi si ce qu’il prétendait était vrai. Pris de courroux, il sortit à même la poche de son jean un petit billet de loterie où des écritures commençaient déjà à s’effacer. Un billet du PMUC et une coupure d’un périodique de pari. 4 millions à gagner et il disait les avoir là, dans ce bout de papier. Je lui demandai pourquoi venir retirer une si grosse somme seul. Il n’avait pas d’amis ? Si mais il venait d’une ville de province, il n’avait pas de pièces d’identité et venais juste de descendre du bus. J’oubliais de lui demander d’où lui venait cette obsession pour les moto-taxis.

Alors que j’essayais de le raisonner, notre moto-taximan s’approcha et flairant que je ne voulais pas le laisser seul avec l’infortuné gagnant du loto, il me pris de côté. Il m’expliqua que c’était là la chance de notre vie. Ah bon ? lui demandai-je avec humeur sachant très bien où il voulait en venir. Mais oui fit-il. Il me raconta qu’il avait l’impression que le « pigeon » avait confiance en moi et qu’ensemble, on pouvait le plumer. Je lui dis que ce n’était pas trop dans mes cordes. Et pendant que je me demandais ce que tout ceci signifait, notre campagnard s’approcha et nous proposa d’aller l’accompagner, de le protéger contre d’éventuels agresseurs et que cette commission nous ferais gagner à chacun cent mille francs. Rien que ça ! Le transporteur voulait plus, il imposa que ce soit plus. On tomba d’accord sur le double. Oui, « on » puisque je m’étais dis que dans cette affaire je n’avais finalement rien à perdre. Je fouillai mes poches, il y avait mon portefeuille avec ma carte d’identité et puis un simple billet de mille francs. Ah oui ça me revient, j’allais acheter du pain à la boulangerie du quartier !

Le déroulage

Moto accidenté
Les moto-taxi ne sont pas seulement dangereux pour la circulation.

Nous grimpâmes donc sur la motocyclette de marque chinoise et le conducteur décida, malgré mes mises en garde, de contourner l’interdiction pour les moto-taxi de parader au centre-ville. Moins d’un kilomètre après que nous soyons partis, le « pigeon » commença à s’inquiéter. Quoi ? s’interrogea-t-il d’abord qu’est-ce qui me prouve que vous n’allez pas me rouler dans la farine ? Je lui dit que rien mais que c’est lui qui avait insisté. A ce moment, le transporteur arrêta la moto et pris d’une bonne foi qui me frappa profondément (en mal) il me rétorqua que la crainte de notre compagnon était légitime. Il fallait quelques garanties. Je n’y trouvai pas d’inconvénient. Je lui dis que je n’avais rien sur moi. Le transporteur mis sa moto en gage et promis de mettre cinquante mille francs en plus. Ce qui faisait un total environ de trois cent cinquante mille francs. Je fis remarquer que cette somme était très inférieure à la cagnotte en jeu. Non me répondirent les deux autres en cœur, c’était un geste de bonne volonté. Pendant que nous serions à l’intérieur de l’agence pour retirer l’argent, notre ami resterait dehors avec la moto. Bien, pensai-je. La garantie en béton armé était là.  Et moi qu’est-ce j’apportais ? Rien répétai-je en toute bonne foi. Puis je me rappelai que j’avais cent mille francs quelque part chez moi. Je leur dis que j’avais cette somme. Leurs visages s’illuminèrent. On pouvait repartir. Mais pas si vite repris notre campagnard qui semblait si niais naguère. Il fallait rassembler les garanties au plus vite. Pris de doute sans savoir pourquoi, je décidai de me retirer de l’aventure, je renonçai à ma part du butin torturé par le fait que je n’avais rien fait pour mériter cette manne qui semblait me tomber du ciel.

Le prestige manqué

Très énervé, le moto-taximan s’en alla pendant que mon paysan plus niais que d’habitude essaya de me convaincre de ne pas le laisser à la merci de ce monsieur qui l’effrayait. Je lui demandai d’emprunter un taxi. Il me dit que non, il voulait me récompenser. Une nouvelle fois, j’eus pitié de lui. J’étais devenu un bon samaritain. Mais cependant, je lui dis que je l’accompagnerai si et seulement si il me promettait de ne pas me récompenser pour cela. Entre temps le transporteur était revenu. Je refusai d’enfourcher encore cette moto. Mon paysan redevenu farouche me pressait de le faire. Je lui dis non. La moto repartit sans nous deux. Jetant un coup d’oeil à ma montre, je me rendis compte qu’il était déjà midi. Je m’excusai puisque je devais animer mon émission à Radio Campus dans l’après-midi et il fallait que j’aille à la bibliothèque pour préparer le programme. Je ne le lui dis pas, je me limitai au terme générique  » contraintes d’emploi du temps ».

Après un moment de réflexion pendant lequel nous nous regardions dans les yeux, il décida de prendre la route, seul. Je tournai aussi les talons. Quelques temps plus tard je me retournai et je le vis au sommet de la colline enfourcher la même moto qu’il me disait craindre tout à l’heure. C’est à se moment-là  que j’ai réussi à déconstruire l’arnaque à laquelle je venais d’échapper.

Ce qui se serait passé

Mes deux compagnons étaient en fait des compères. Si vous relisez mon récit vous allez vous rendre compte que leurs  actions s’emboîtaient pour me plumer les unes. Le moto-taximan feignait de mettre sa moto en gage. Si nous étions entrés ensemble dans l’agence, le campagnard serait parti avec sa moto et avec ma garantie. Le moto-taximan qui serait entré avec moi se serait étonné en premier du vol de sa moto tandis que moi j’aurais pleuré pour mes cent mille francs. Plus tard, ils se seraient retrouvés et auraient partagé mes cent mille tandis que moi, cupide et idiot, j’aurais été victime d’une arnaque à la Cameronaise.


Les sites de drague

  • Il y a une chose que j’aime regarder sur le web.

Ce sont les sites de séduction. Pourquoi? Parce que je suis un séducteur en herbe. Je suppose que les filles l’on remarqué ( je blague. Quoique!). Dans tous les cas, les sites de séduction et de drague font le bonheur de plusieurs internautes. C’est fou que les gens rêves de femmes sur terre. C’est terrible. Je n’ai pas de statistique il est vrai. Cependant, il suffit de regarder le nombre de commentaires à la suite d’un article de drague ou de séduction pour s’en convaincre. Les gens veulent plaire. D’une manière générale, les hommes veulent plaire aux femmes pour les avoirs TOUTES dans leur lit. Ces hommes sont comme tous les hommes^^. Ce sont des hommes communs, le citoyen lambda. Les vrais boys sont ceux qui peuvent dire. Je veux le meilleur pour moi. Le reste je m’en fous.

P.S mon site de séduction favori est le site de Kamal: https://www.SeductionByKamal.com  Allez y et découvrez.


Arrestation de l’artiste Joe La Conscience à Yaoundé

L'artiste engagé
Cette photo de Camer.be montre Joe revendiquant contre la modification de la levée de la limitation des mandats présidentiel garantie par l’ancienne constitution.

L’ambassade des États-Unis réagit à la supposée arrestation de l’artiste engagé Joe La Conscience.

C’est à travers un bref communiqué parvenu à la rédaction de votre quotidien ce jeudi que l’ambassade des États-Unis à Yaoundé a donné sa version des faits par rapport à la supposée arrestation de l’artiste Joe La Conscience.

« Un individu qui se fait appeler Joe La Conscience a été aperçu assis devant l’ambassade des États-Unis le 06 novembre et il exhibait des affiches réclamant des réformes politiques au Cameroun. L’équipe de sécurité de l’ambassade a tenté de l’approcher mais il n’a pas réagit. Comme sa démarche restait pacifique et sans conséquence pour le bon fonctionnement de l’ambassade, l’équipe s’est retirée sans plus. Quelques temps plus tard, un véhicule est arrivé, des individus y sont sortis et ont parlé avec  M. La Conscience. Puis, il est s’en est allé. » Ce communiqué arrive deux jours après les événements relatés puisque visiblement, les officiels de l’institution diplomatique avaient le regard tourné vers des considérations d’ordre nationale. Le 06 novembre 2012 étant journée électorale aux Etats-Unis et donc dans l’ensemble de leurs représentations diplomatiques à travers le monde.

La version relayée par le site d’information camer.be est quelque peu différente. Joe La Conscience aurait été arrêté mercredi matin à l’entrée de l’ambassade des Etats-Unis où il avait entamé une grève de la faim un jour plus tôt. Les éléments de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) l’auraient embarqué vers une destination inconnue. La raison ? Pendant que les barons du parti au pouvoir célébrait les 30 ans du président Paul Biya à la présidence de la République, La Conscience a décidé de sortir tous les dossiers qui mettent le pouvoir de Yaoundé mal à l’aise. Il demandait l’application de l’article 66 qui exige la déclaration des biens du président de la République et de tous ceux qui nous gouvernent, l’arrestation de présumés détourneurs de la fortune publique. Il a même avancé des noms : Mendo Ze, Issa Tchiroma, Ama Tutu, Bekolo Egbe, Tabi Manga, Jean Jacques Ndoudoumou, Jacques Fame Ndongo. Sur les autres questions d’actualité Joe La Conscience a demandé au régime la publication des véritables résultats du dernier recensement de la population, la mise sur pied d’un véritable code électoral, la publication d’un calendrier électoral. Toujours sur les questions électorales, il a demandé qu’Elecam soit un organe électoral indépendant.

Le chapelet des revendications de l’artiste s’applique aussi aux structures du RDPC qui sont logées dans les salles des fêtes et les palais du pays, la libération de Paul Eric Kingue, l’ancien maire de Njombe-Penja, la restitution du bébé de Vanessa Tchatchou, la constitution du tribunal criminel spécial, l’interdiction de la Socam par l’application de l’arrêt de la cour suprême réhabilitant la CMC, l’application de la convention collective des journalistes et l’aide à la presse.

Du côté de la DST, rien ne filtre. Jusqu’à ce 08 novembre au soir, Joe La Conscience est resté injoignable. Des sources de l’ambassade reconnaissent que la personnalité de Joe La Conscience n’est pas un  inconnu à Bastos. Les Américains suivent son actualité comme ils le faisait naguère avec Lapiro de Mbanga. Le dernier coup d’éclat de cet artiste qui revendique également le statut de leader d’opinion date de septembre dernier. Il revendiquait la libération de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.


Ma Licence en Histoire enfin !

  • Après ma licence en journalisme, une longue histoire.
Yaoundé I
Le rectorat de l’université de Yaoundé I où j’ai obtenu ma licence en Histoire.

Je suis entré à l’Ecole de journalisme deux ans après mon Bac. Mais j’ai reçu ma licence en sciences et techniques de l’Information et de la Communication un an avant ma licence en Histoire. Que s’est-il passé ? Une histoire un peu touffue mais simple.

D’abord, j’ai mon Bac en 2006. Je rêve de devenir diplomate. Je fais deux ans au département d’Histoire de l’université de Yaoundé I. Mais quelques mois avant de débuter les cours en troisième année, j’ai une petite peur. Et si je ne réussis pas le concours d’entrée à l’Institut des Relations internationales après ma licence ? Puis, il y a l’appel du métier de journaliste que j’admire de loin sans jamais oser m’engager à en faire une profession. Je décide de passer le concours d’entrée à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’Information et de la Communication avant d’avoir terminer ma licence en Histoire. Quand je réussis le concours, je décide de suspendre momentanément mes études à la faculté des lettres pour me consacrer à mes études de journalisme. Trois ans plus tard, je suis titulaire de mon diplôme et journaliste, de formation !

Puis tenant parole vis-à-vis de mes propres engagements, je décide de rentrer terminer l’année de licence que je n’ai pas pu terminer. Je l’ai fait durant l’année académique qui vient juste de s’achever. Les  résultats définitifs viennent d’être publiés et je suis « ADMIS » à avoir le diplôme de licencié en Histoire. Que vais-je faire de ce diplôme, je ne sais pas. Mais je suis content, la dernière fois que j’ai été aussi content c’est quand j’ai eu le Bac.